« La lettre de la petite Divine amène Divine à s’examiner afin de savoir si l’adulte qu’elle est aujourd’hui correspond aux aspirations qu’elle avait il y a dix ans. Elle retrace également le parcours qui l’a amené jusqu’à qui elle est aujourd’hui. »

Aujourd’hui j’ai 11 ans, je deviens une grande fille.

Sceptique n’était plus le mot juste pour décrire ce que je ressentais en posant la lettre. J’étais bouleversée. Quel genre de grande fille je rêvais d’être ? Quel genre de grande fille j’étais devenue? Est-ce que j’avais toujours suivi mon cœur ? J’en doute.

À cet instant précis, je ressentais de la déception. Déception envers moi-même car j’avais l’impression de n’avoir pas tenu ma propre promesse. Si je n’étais pas capable d’être une personne de parole envers moi-même, alors je ne l’étais probablement pas avec les autres. Ou peut-être que si, je l’étais avec les autres. Mais dans ce cas, j’avais alors une mauvaise relation avec moi-même et des relations toxiques avec les autres.

Toxique parce que je me sentais plus redevable à eux qu’à moi-même ; et qu’ainsi, je leur donnais ce que je n’étais pas capable de me donner à moi-même.

Toxique parce qu’ils devenaient ainsi mon miroir ; car si j’étais une personne de confiance pour eux, alors j’estimais être réellement une personne de confiance. Je puisais donc en eux mon identité et ma valeur.

Enfant, Divine laissait son cœur la guider et s’amusait, tout simplement. En grandissant, son estime, ses passions, sa beauté, ses activités, etc., ont commencé à être définies par les adultes, ensuite par son entourage. Et la voix de son cœur devenait de plus en plus faible sans jamais se taire heureusement.

Cette voix lui montrait la voie, sa voie dans un monde où celle des autres semble plus correcte, où celle des adultes semble la meilleure.

Maintenant que j’y pense, c’est fou tout de même. Au départ, les adultes étaient mon repère et ensuite, ils sont devenus tout ce que je rejetais. Mais la petite voix dans mon cœur elle, n’avait pas du tout changé. Malheureusement, elle est probablement celle que j’ai le moins écoutée. Peut-être parce que je ne la voyais pas physiquement, je ne sais pas.

La lettre de la petite Divine était une représentation physique de tout ce que cette petite voix me disait. J’aurais peut-être dû en écrire plus, des lettres. Car les autres, je les vois constamment, mais la petite voix, je l’entends, et quelque fois, j’ai besoin de la voir aussi.

Je crois que tout le monde a son propre moyen d’expression, un moyen qui lui permet d’extérioriser la petite voix à l’intérieur de lui.

J’avais probablement choisi l’écriture car elle a toujours été mon moyen préféré d’expression, mon art. Un art qui m’a toujours définie, mais que j’ai commencé à rejeter lorsque les autres ne m’ont pas définie par elle.

Dès lors que les adultes ont commencé à estimer que mes œuvres étaient bien trop enfantines pour la grande fille que j’étais en train de devenir, je me suis senti obligée de mettre ma passion de côté. Pas de manière absolue, mais tout espoir de progrès dans cette voie était comme mort. Il fallait que je me concentre sur les activités de grande personnes ; les métiers plus précisément. Et très malheureusement, je n’ai jusque-là, jamais réussi à m’en trouver un.

J’ai toujours été guidé par des désirs profonds et des activités dans lesquels je me sentais épanouie.

Le mot métier lui, m’a toujours entrainé à faire des mauvais choix en matière d’orientation.

Peut –être parce que, je ne sais ni comment, ni pourquoi, « exercer » un métier résonnait dans ma tête comme « devenir un métier ». Et devenir un métier quant à lui impliquait de cesser d’être ce que ce métier ne me permettait pas d’être. Et très souvent, cela revenait à abandonner une partie de moi.  

Ce n’est qu’aujourd’hui que je m’en rends compte, et je le reproche quelque peu aux adultes.

Je reconnais et même loue toute la bienveillance qu’ils manifestent envers les enfants, désirant toujours le meilleur pour ceux-ci. Mais s’ils les écoutaient un peu plus dans le but de se faire guider par eux afin de leur apporter l’aide la plus adaptée, peut-être qu’ils auraient décelé ce problème plus tôt. Si bien sûr, c’en est un.

Le pouvoir que j’ai aujourd’hui, je ne vais pas l’utiliser pour me plaindre à ce sujet. J’ai choisi de faire preuve de responsabilité, et embrasser pleinement qui je suis, avec ou sans activité de grande personne.

C’est commun chez les humains. On peut aller jusqu’à rejeter qui l’on est vraiment lorsque les autres n’acceptent pas de nous voir et nous apprécier comme tel.

C’est une erreur de faire cela car notre reflet, c’est notre miroir qui nous le renvoie et pas les autres. Leur rôle à eux est soit de nous admirer, soit de nous rejeter. Et c’est normal, nous devons l’accepter.

Le miroir de la petite Divine, comme de la plupart d’ailleurs, a longtemps été les adultes autour d’elle, son éducation, ce qu’elle comprenait de la Bible, tout ce qui l’inspirait. Ces miroirs ont été remis en question durant l’adolescence, comme c’est le cas pour plusieurs également. Mais la petite voix dans nos cœurs nous montre à tous la bonne voie. Celle qui nous permet d’être épanoui et d’épanouir les autres, celle qui nous rend libre sans emprisonner les autres ou même nous faire captifs des autres, celle qui très souvent, nous rapproche de cet être dont quelque fois, nous préférons ignorer l’existence, juste comme avec la petite voix.

Au moment où je l’ai faite, je n’avais pas réellement conscience de son impact. Mais la prière du salut avait complètement bouleversé mon existence.

En la faisant, j’avais en fait été transformée non pas seulement en la meilleure personne que je puisse être, mais également en la personne que j’avais toujours été destinée à être. Tout le monde a un vrai lui, mais il ne le devient que lorsqu’il est rebranché à sa source, son créateur.

Cette prière m’avait en réalité permise de saisir le miroir par excellence, celui au travers duquel notre vrai nous, aussi éloigné de qui l’on peut sembler être à l’instant où l’on se mire, se dévoile vraiment : Les regards de Dieu, son amour, sa bonté, sa justice, par sa parole.

En entretenant une réelle relation avec Dieu, j’avais commencé à comprendre ce qu’était un enfant de Dieu, ce que signifiait l’aimer et le servir. Ça a été la première grande et belle révolution de ma vie. Probablement la plus importante, car d’elle a découlées les autres.

Auparavant, être un bon enfant de Dieu semblait beaucoup plus profiter aux autres qu’à moi-même : Je n’insultais pas, je ne volais pas, je ne faisais pas du mal volontaire à mon prochain, et franchement il vivait la belle vie. Moi pendant ce temps, je devais me montrer forte même dans mes faiblesses, insensible bien que touchée au plus haut point, comme faite de bois bien qu’étant faite de chair et de sang. Mais dès lors que j’ai choisi de faire confiance à ce Dieu en embrassant son amour et ses plans pour moi, j’étais la première à être transformée, à être en paix, à être acceptée, à être protégée, et je ne faisais que rendre la pareille aux autres, c’était de loin moins pénible.

Je suis passé d’être le reflet de ce que je recevais ou ne recevais pas des autres, à être le reflet de ce que je recevais de Dieu, de sa parole, de son amour, de sa bonté, de sa paix, de son esprit, de ses instructions.

J’avoue, je n’ai pas toujours écouté Dieu. Mais je l’ai toujours regretté après. Quelquefois à cause des dommages collatéraux et d’autres, simplement parce que je finissais par réaliserque le meilleur que je pensais saisir ailleurs, je l’avais laissé dans ses voies.

À 11 ans, je devenais une grande fille. Ce qui est sûr, c’est que je suis bien devenue quelque chose aujourd’hui. J’écoute toujours les enfants, même si je l’avoue, avec un regard plus mûr, plus moi. Et c’est la deuxième plus belle révolution de ma vie.

À ce moment précis, je me rendis compte que je ne savais toujours pas qui était l’amie qui m’avait déposée la lettre. Et puisque je devais écrire une lettre à Divine de 31 ans, comment je ferais pour la lui remettre ? Pourquoi je devais lui écrire d’abord ?

Je me rappelle bien tous ces souvenirs, mais je n’ai aucun souvenir de moi en train d’écrire cette lettre à 11 ans. Je ne comprenais absolument rien de ce qui se passait. Mais quelque part, cette introspection me faisait du bien. Je revivais mon parcours et y voyais plus clair. Par contre, je ne savais vraiment pas quoi écrire à la Divine de 31 ans.

Je me levai et pris aussi du papier et un stylo se trouvant sur mon bureau. Bien que ne sachant pas encore quoi, j’allais tout de même écrire la fameuse lettre. Notamment parce que je ne voulais pas arrêter ce moment d’introspection qui m’ouvrait quelque peu les yeux sur moi-même.

Let’s talk now

-Que pense-tu de la relation qu’avait Divine avec elle-même et les autres ? Quel serait selon toi, l’équilibre parfait entre ces deux relations ?

– Entends-tu également cette petite voix dans ton cœur qui te montre le chemin ? Comment tu la représenterais physiquement ? L’écoute -tu souvent ?

-Que pense -tu des métiers et du fait que cette notion est très vite inculquée aux enfants ? Eprouve-tu des difficultés à t’en trouver un ? Pourquoi ?

-As-tu vécu des moments de révolutions dans ta vie ? Ont-ils été positifs ou négatifs ?

-Que retiens-tu de ce chapitre ?

-Quelles sont tes attentes pour le prochain chapitre ?

Rendez-vous en commentaire 😊


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